Article NR du 06 06 2016

La Nouvelle République

Montrichard a pris des airs de Venise

06/06/2016 05:40

Montrichard

 

 

Elle pousse lentement la porte. À l’intérieur, l’eau a commencé à s’infiltrer. Renée Helard nous conduit jusqu’au fond de sa boutique. Là, la cave, qui s’est peu à peu remplie, déborde d’une eau couleur marron.
La fleuriste, installée sur le bord du Cher depuis quarante ans, estime qu’il lui faudra a minima « une semaine »pour remettre sa boutique en état, bien plus longtemps pour qu’elle puisse, à nouveau, descendre à la cave.
À l’extérieur, les scènes sont surréalistes. Les bateaux sont amarrés aux arbres, devant les commerces. Les panneaux de signalisation du quai de la République dépassent à peine de l’eau.

La vie de ses salariés en dépend…

A quelques encablures, à l’intérieur de la ville, le boucher Fabrice Marinier lutte sans relâche, depuis mercredi, contre la montée du Cher. Avec quatre amis, ils se relaient toutes les deux heures – et ce jour et nuit – pour évacuer l’eau de la cave qui menace les moteurs des réfrigérateurs situés à l’étage et qui coûtent « 5.000 à 6.000 chacun ». S’ils venaient à lâcher, c’est l’emploi des dix salariés de la boucherie qui s’en trouverait menacéet « la vie des employés ce n’est pas rien », dit-il.
Ce dimanche matin, voilà qu’ils reçoivent l’aide bienvenue des pompiers de Montrichard qui, grâce à une pompe thermique, évacuent 40 à 60 m3 d’eau par heure.

«  C’est quand même impressionnant  »

Pour atteindre Montrichard, Xavier Colas, qui fait face au quai, a dû faire le tour par Bléré, et « c’est comme ça depuis cinq jours » et le début de la crue de la rivière. « Matin et soir » Sébastien Naturelle et sa femme Valérie viennent mesurer l’ampleur des dégâts. « C’est sûr que c’est dommage pour les riverains mais c’est quand même impressionnant à voir », note-t-il. Pour elle, « c’est la nature qui reprend ses droits ».
Il faudra encore du temps pour que le Cher regagne son lit même si la décrue amorcée samedi 4 juin, vers 16 heures, se poursuivait hier soir.

Adrien Planchon